Kinshasa, RD Congo
Un rapport d’Amnesty international publiรฉ le mardi 05 mai 2026 accuse les rebelles ADF de crimes de guerre et de crimes contre l’humanitรฉ dans l’est de la Rรฉpublique dรฉmocratique du Congo (RDC), oรน ce groupe armรฉ qui a prรชtรฉ allรฉgeance ร l’Etat islamique multiplie les pillages, prises d’otages et tueries.
Le rapport d’Amnesty, basรฉ sur des entretiens avec 71 personnes entre octobre 2025 et fรฉvrier 2026, fait รฉtat d’attaques contre les civils, “dโenlรจvements et de travail forcรฉ, de recrutement et dโutilisation dโenfants, ainsi que de violences et crimes visant les femmes et les filles, comme des mariages forcรฉs” et “des grossesses forcรฉes”.
Ces atteintes “constituent des crimes de guerre, et, dans la mesure oรน elles ont รฉtรฉ perpรฉtrรฉes dans le cadre dโune offensive systรฉmatique et de grande ampleur contre une population civile, des crimes contre lโhumanitรฉ”, estime Amnesty.
Selon l’ONG, les ADF “attaquent dรฉlibรฉrรฉment” les civils “non seulement pour se rรฉapprovisionner en nourriture, mรฉdicaments et autres produits, mais รฉgalement ร titre de reprรฉsailles pour des opรฉrations militaires”.
Le groupe a “de plus en plus recours aux enlรจvements contre ranรงon”, ajoute-t-elle.
Les personnes enlevรฉes sont “soumises ร des violences physiques, notamment des coups, du travail forcรฉ, de lโesclavage sexuel et parfois des homicides illรฉgaux”, dรฉtaille l’ONG. Certaines ont รฉgalement “dรป participer ร des attaques sous la contrainte”.
Les femmes et filles enlevรฉes par les ADF sont souvent converties de forces ร l’islam et donnรฉes comme “รฉpouses” ร des combattants afin d’inciter au recrutement, une pratique “systรฉmatique dans les camps du groupe”, d’aprรจs Amnesty.
Sept anciens otages enlevรฉs en 2025 ont dรฉclarรฉ ร Amnesty “que leurs familles avaient payรฉ des ranรงons allant de 100 ร 10.000 dollars” pour obtenir leur libรฉration.
Les ADF figurent รฉgalement parmi les principaux acteurs armรฉs responsables de recrutement et dโutilisation dโenfants en RDC, selon l’ONU.
“Le groupe exploite des enfants ร diverses fins, les forรงant notamment ร prendre part aux combats, ร porter des chargements, ร cuisiner et ร faire le guet”, indique le rapport.
L’armรฉe ougandaise (UPDF) s’est dรฉployรฉe depuis 2021 dans la partie septentrionale du Nord-Kivu et dans l’Ituri pour combattre les ADF aux cรดtรฉs de l’armรฉe congolaise, mais l’opรฉration conjointe, baptisรฉe “Shujaa”, n’a pas mis fin aux violences.
Le groupe armรฉ emploie “des tactiques asymรฉtriques, se cache dans une vaste forรชt pluviale trรจs dense, sโappuie sur un vaste rรฉseau” dโinformateurs et “sโest procurรฉ des moyens technologiques avancรฉs”, pour รฉchapper aux militaires, assure par ailleurs Amnesty.
Humaniterre avec AFP






