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𝐀 𝐊𝐢𝐧𝐬𝐡𝐚𝐬𝐚, 𝐩𝐚𝐧𝐬𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐥𝐚𝐢𝐞𝐬 𝐝𝐞𝐬 “𝐬𝐡𝐞́𝐠𝐮𝐞́𝐬”, 𝐜𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐟𝐚𝐧𝐭𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐫𝐮𝐞𝐬

Kinshasa, RD Congo

Dans la cour d’un vieil entrepôt, des enfants des rues errent parmi les carcasses de voitures rouillées: à Kinshasa, des ONG tentent de rendre un avenir à ces jeunes surnommés “shégués”, livrés à eux-mêmes dans la capitale de la République démocratique du Congo (RDC).
Abandonnés par leurs parents ou fuyant la misère de leur foyer, les “shégués” sont plusieurs milliers à survivre, entre débrouille et mendicité, aux ronds-points et le long des artères de la mégapole de près de 17 millions d’habitants.

“L’hémorragie est profonde, nous rencontrons de nouveaux cas tous les jours”, dit tristement Georges Kabongo, éducateur, qui organise des maraudes depuis plus de 11 ans pour l’ONG Œuvre de reclassement et de protection des enfants de la rue (ORPER).

Chaque jour, ses équipes sillonnent les quartiers pauvres de la capitale congolaise pour soigner et aider les plus vulnérables.

D’anciens enfants des rues apprennent la menuiserie au centre de formation de l’ONG Œuvre de Suivi, d’Éducation et de Protection des Enfants de la Rue (OSEPER) à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, le 24 février 2026. La ville de Kinshasa compte plus de 20 000 enfants des rues. L’ONG les accueille dans le but de les former à la menuiserie, à la boulangerie, à la coupe et à la couture, etc., afin de redonner espoir à ces enfants rejetés par la société. (Photo de Glody MURHABAZI / AFP)

Une jeune fille sortie de la rue apprend la coupe et la couture au centre de formation de l’ONG Œuvre de Suivi, d’Éducation et de Protection des Enfants de la Rue (OSEPER) à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, le 24 février 2026. La ville de Kinshasa compte plus de 20 000 enfants des rues. L’ONG les accueille dans le but de leur enseigner la menuiserie, la boulangerie, la coupe et la couture, etc., afin de redonner espoir à ces enfants rejetés par la société. (Photo de Glody MURHABAZI / AFP)

– “Lame de rasoir” –

 

A l’arrière d’un 4×4, un infirmier de l’ONG désinfecte une longue entaille dans le bras d’un jeune garçon. Ses jambes aussi sont éraflées.

“Les autres l’ont coupé avec une lame de rasoir. Ils font ça avec les nouveaux”, explique Willie Masalé, en blouse blanche. A côté, une jeune fille comate à l’arrière d’un pick-up. Une autre, âgée de 13 ans, cache sa grossesse sous un gros sweater sale.

Dans ce quartier de Limete, commune populaire dans l’est de Kinshasa, la violence, la drogue et la prostitution font partie du quotidien des “shégués”. “Les filles sont victimes de viols aussi, nous les sensibilisons sur les risques d’infections et de contamination au VIH”, souligne Georges Kabongo. Chaque année, l’équipe mobile dit aider plus de 800 mineurs dans les rues.

Parmi eux, beaucoup sont accusés d’être des “enfants sorciers” par leurs familles, souvent démunies: “C’est un prétexte pour se débarrasser d’eux”, déplore M. Kabongo.

En RDC, près de 75% de la population vit avec moins de trois dollars par jour, selon la Banque mondiale. Dans la capitale du vaste pays d’Afrique centrale, les églises évangéliques fleurissent et de faux pasteurs prétendent pouvoir “exorciser” les “enfants sorciers” contre rémunération.

“Certains vont jusqu’à les séquestrer, les priver de nourriture et les soumettre à des pratiques insupportables”, dénonce l’éducateur.

Une fillette de 11 ans s’avance, pieds nus. Son corps est couvert de cicatrices. “C’est ma famille qui m’a versé de l’huile brûlante”, raconte celle qui a préféré fuir il y a deux ans, avec ses deux grandes sœurs.

L’équipe mobile tente de la convaincre de venir dormir dans un des foyers de l’ONG, où elle pourrait être logée et nourrie.

Un ancien enfant des rues suit une formation au centre de formation de l’ONG Œuvre de Suivi, d’Éducation et de Protection des Enfants de la Rue (OSEPER) à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, le 24 février 2026. La ville de Kinshasa compte plus de 20 000 enfants des rues. L’ONG les accueille dans le but de leur dispenser une formation en menuiserie, boulangerie, coupe et couture, etc., afin de redonner espoir à ces enfants rejetés par la société. (Photo de Glody MURHABAZI / AFP)

Alphonse (au centre), professeur de français, donne des cours à d’anciens enfants des rues au centre de formation de l’ONG Œuvre de Suivi, d’Éducation et de Protection des Enfants de la Rue (OSEPER) à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, le 24 février 2026. La ville de Kinshasa compte plus de 20 000 enfants des rues. L’ONG les accueille dans le but de leur dispenser une formation en menuiserie, boulangerie, coupe et couture, etc., afin de redonner espoir à ces enfants rejetés par la société. (Photo de Glody MURHABAZI / AFP)

– “Utiles à la société” –

 

Une autre association, l’Œuvre de suivi, d’éducation et de protection des enfants de la rue (OSEPER), mise sur la formation pour “redonner espoir” à ces enfants rejetés par la société.

“A votre sortie, vous pourrez devenir des entrepreneurs”, affirme le professeur de français aux élèves dans un centre de formation de l’OSEPER. L’association y offre des leçons d’alphabétisation pour les plus jeunes et propose des formations professionnelles. Une centaine de jeunes apprennent ainsi la menuiserie, la couture et le métier de boulanger.

“A leur majorité, ils pourront travailler et être autonomes. L’objectif est que ces enfants se réinsèrent et deviennent utiles à la société”, résume Christophe Moké, un éducateur de l’OSEPER.

En cuisine, Daniel forme des pâtons. Avant d’être abandonné par sa mère, puis sa grand-mère, il rêvait de faire carrière comme chanteur d’église. Mais depuis qu’il a connu la violence de la rue, le jeune homme de 17 ans aspire à une “vie stable”.

“Je pleure souvent la nuit quand je repense au passé”, souffle celui qui a vécu plusieurs mois dans une bande de “shégués”.

“Là-bas, il faut être brutal comme eux. On te frappe tous les jours et tu dois voler pour manger. Je regrette beaucoup de choses que j’ai faites”, confie l’adolescent, qui dit ne plus avoir de nouvelles de sa famille.

“Les ONG font le travail des parents et de l’État”, dit Désirée Dila, un des encadrants du centre.

Faute de subventions, l’association dépend de dons privés et de partenaires extérieurs, telle que la fondation française Apprentis d’Auteuil, pour fonctionner. Les équipes s’inquiètent d’une baisse des financements de leurs activités, dans un contexte de réduction globale de l’aide humanitaire.

Humaniterre avec AFP

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