Nairobi,ย Kenya
Samedi 30 aoรปt 2025
Plus de 6.000 Sud-Soudanais ont quittรฉ depuis le dรฉbut de l’annรฉe l’un des plus grands camps de rรฉfugiรฉs du Kenya, oรน les coupes dans l’aide internationale aggravent les pรฉnuries alimentaires, ont indiquรฉ jeudi les Nations unies .
Le camp de rรฉfugiรฉs de Kakuma, dans le nord-ouest du Kenya, est le deuxiรจme plus grand du pays et accueille quelque 300.000 personnes originaires du Soudan du Sud, de Somalie, d’Ouganda et du Burundi.
Les organisations humanitaires sont ร la peine et des manifestations violentes ont eu lieu le mois dernier, ร cause d’une diminution des rations alimentaires causรฉe par des coupes dans l’aide provenant des รtats-Unis et d’autres donateurs.
Le Soudan du Sud, pays d’une pauvretรฉ extrรชme, est en proie ร l’instabilitรฉ depuis des annรฉes et est au bord d’une nouvelle guerre civile, ce qui pousse des rรฉfugiรฉs ร franchir la frontiรจre.
“Depuis janvier, environ 6.200 rรฉfugiรฉs sud-soudanais ont quittรฉ Kakuma et Kalobeyei” (une extension de Kakuma), a dรฉclarรฉ le Haut Commissariat des Nations unies pour les rรฉfugiรฉs (UNHCR) dans un communiquรฉ transmis ร l’AFP.
Entre juillet et le 22 aoรปt, quelque 3.600 personnes, en majoritรฉ des femmes et des enfants, ont quittรฉ le camp tentaculaire, “reprรฉsentant plus de la moitiรฉ de tous les dรฉparts cette annรฉe”, selon l’UNHCR.
“Les chiffres rรฉels sont probablement plus รฉlevรฉs, car de nombreux mouvements se font par des passages informels”, a prรฉcisรฉ la mรชme source, qui a aussi enregistrรฉ “quelque 4.800 nouvelles arrivรฉes” depuis janvier.
L’UNHCR a soulignรฉ que bien que ces mouvements suggรจrent une “tendance en voie de dรฉveloppement”, les “dรฉparts ne peuvent pas รชtre attribuรฉs ร un facteur unique”.
Nรฉanmoins, l’organisation pointe que la tendance s’est accentuรฉe en juillet, lorsque le Programme alimentaire mondial (PAM) a commencรฉ ร rรฉduire les rations de nourriture, classifiant les rรฉfugiรฉs en quatre catรฉgories et limitant l’assistance aux deux catรฉgories les plus dรฉmunies.
“Certains rรฉfugiรฉs ont exprimรฉ des inquiรฉtudes concernant la catรฉgorisation de l’aide alimentaire”, ainsi qu’ร propos des rรฉcents troubles, selon l’UNHCR.
“Ce ร quoi nous assistons est un rรฉsultat direct de l’insuffisance de l’aide mondiale”, a jugรฉ jeudi le PAM dans un communiquรฉ publiรฉ sur X.
“A moins que des moyens ne soient mobilisรฉs d’urgence, plus de rรฉfugiรฉs seront confrontรฉs ร des choix impossibles: soit souffrir de la faim dans des camps, soit retourner vers des situations fragiles chez eux”, a ajoutรฉ le PAM.
Un fonctionnaire du Dรฉpartement des services aux rรฉfugiรฉs (DRS) de Kakuma, qui a requis l’anonymat car il n’est pas autorisรฉ ร parler ร la presse, a affirmรฉ que de nombreux rรฉfugiรฉs rentraient au Soudan du Sud et que les mouvements actuels รฉtaient “inhabituels”.
“Cela a รฉtรฉ orchestrรฉ par la catรฉgorisation” des rรฉfugiรฉs, a-t-il estimรฉ, notant que nombre des Sud-Soudanais de Kakuma appartenaient aux catรฉgories ne recevant pas d’aide. “Ils n’ont rien ร manger”, a-t-il dรฉnoncรฉ.
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